Occasion au sein du secteur de la fabrication du Canada : de l’intérêt pour l’investissement à la capacité nationale
Le Canada entre dans une période marquée par d’importants investissements dans les infrastructures électriques, alors que les gouvernements, les services publics et l’industrie améliorent, étendent et modernisent le système électrique. Cet investissement offre l’occasion de renforcer la capacité de fabrication nationale nécessaire pour soutenir l’électrification et mettre en place des chaînes d’approvisionnement électriques plus résilientes.
Dans ce contexte, l’Électro-Fédération Canada (ÉFC) a mené un sondage auprès de ses membres fabricants afin de connaître leurs investissements actuels et prévus, les facteurs qui influencent le choix de l’emplacement de leurs activités de fabrication, ainsi que la compétitivité du Canada par rapport à d’autres territoires.
Les résultats mettent en évidence une possibilité évidente : le Canada attire des investissements dans le secteur de la fabrication, mais le maintien de cette position dépendra de conditions d’investissement compétitives et d’un accès prévisible au marché américain.
Les membres investissent et le Canada attire ces investissements
Un total de 40 % des personnes interrogées avaient récemment pris des mesures d’expansion ou étaient en train de le faire dans un emplacement déjà sélectionné, tandis que 30 % d’entre elles envisageaient une expansion future.
Parmi les sites d’expansion déjà sélectionnés par les répondant·e·s, 65 % se trouvaient au Canada.

Ces résultats témoignent d’une activité d’investissement et d’un intérêt importants. Toutefois, la capacité à attirer la prochaine vague d’investissements dépendra des conditions offertes aux fabricants au Canada par rapport à celles des territoires concurrents.
La main-d’œuvre qualifiée est un facteur déterminant dans le choix de l’emplacement
La disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée a été le facteur le plus souvent cité comme influant sur le choix de l’emplacement où les fabricants étendent leurs activités, mentionné par 71,4 % des répondant·e·s.
Le coût des terrains et des bâtiments arrivait en deuxième position avec 52,4 %, tandis que l’accès aux marchés et la proximité de la clientèle occupaient la troisième place avec 47,6 %. La proximité des activités existantes de l’entreprise, la disponibilité d’ingénieur·e·s et de personnel technique qualifié, les mesures incitatives en matière d’investissement en capital et les taux d’imposition des sociétés ont chacun été cités par 38,1 % des répondant·e·s.

Ces résultats confirment que la compétitivité du secteur manufacturier ne se résume pas à une seule mesure politique. Les entreprises tiennent compte à la fois des talents, des coûts, de la clientèle et des conditions d’investissement lorsqu’elles décident où investir leurs capitaux.
Le Canada a des atouts, mais les aspects économiques liés à l’investissement sont importants
Les membres de l’ÉFC considèrent que le Canada et les États-Unis sont globalement comparables sur plusieurs aspects fondamentaux importants, notamment l’accès aux marchés, les infrastructures de transport et la proximité des chaînes d’approvisionnement intégrées.
Les défis auxquels fait face le Canada concernent principalement les aspects économiques de l’investissement, notamment les coûts des terrains et de construction, les mesures incitatives en matière d’investissement en capital et les taux d’imposition des sociétés. Les États-Unis sont considérés comme particulièrement performants dans ces domaines, tandis que le Mexique et certaines régions d’Asie misent principalement sur les coûts de la main-d’œuvre pour être compétitifs.
Le Canada a l’occasion de tirer parti de sa position en tant que plateforme de fabrication nord-américaine à forte valeur ajoutée, tout en améliorant les conditions qui influencent les décisions d’investissement.
Il est essentiel que l’accès au marché américain soit prévisible
L’accès aux marchés revêt une importance particulière pour les fabricants de produits électriques. Au total, 71 % des répondant·e·s qui exercent des activités de fabrication au Canada exportent vers les États-Unis.
Le maintien d’un accès prévisible au marché américain est donc essentiel pour la confiance des investisseurs, le taux d’utilisation des capacités de production et la compétitivité des chaînes d’approvisionnement intégrées en Amérique du Nord.
Même si le Canada ne peut pas influencer l’issue des négociations commerciales, les gouvernements peuvent prendre des mesures pour renforcer la compétitivité et la résilience du secteur de la fabrication à l’échelle nationale.
Les mesures d’encouragement à l’investissement peuvent influencer les décisions
Ce sondage donne une indication particulièrement claire de l’influence potentielle des mesures d’encouragement à l’investissement.
Parmi les entreprises qui envisagent d’investir dans le secteur de la fabrication, 76 % ont déclaré qu’un crédit d’impôt à l’investissement dans le secteur de la fabrication augmenterait de façon modérée à importante leurs investissements au Canada.
L’ÉFC a plaidé en faveur de crédits d’impôt à l’investissement dans le secteur de la fabrication pour les produits essentiels liés au réseau électrique et à l’électrification. Si une technologie est essentielle à la réalisation des objectifs du Canada en matière d’électricité propre et d’électrification, l’ÉFC estime que l’équipement de fabrication utilisé pour la produire devrait bénéficier du même traitement fiscal en matière d’investissement que les autres technologies de l’économie verte.
Le gouvernement du Canada a encouragé les membres d’EFC à envisager le Fonds de réponse stratégique lorsqu’ils planifient des expansions opérationnelles au Canada. Les crédits d’impôt à l’investissement peuvent compléter le financement stratégique accordé par le gouvernement plutôt que de le remplacer. Les programmes stratégiques peuvent soutenir certains projets à forte intensité de capital, tandis que des crédits d’impôt prévisibles peuvent améliorer la rentabilité d’un plus large éventail d’investissements admissibles.
Le Canada a investi massivement pour stimuler la demande en matière d’électrification. La prochaine étape consiste à renforcer les capacités nécessaires à sa mise en œuvre. Les fabricants d’équipements de réseau et d’électrification développent des technologies qui permettent d’alimenter en électricité propre les résidences, les entreprises, les stations de recharge pour véhicules électriques, les centres de données et le secteur industriel.
Un programme concret pour la compétitivité du Canada
Le sondage met en lumière des mesures concrètes que les gouvernements peuvent prendre pour renforcer la compétitivité du secteur manufacturier canadien, indépendamment des résultats de l’ACEUM. Les recommandations de l’ÉFC portent principalement sur les mesures d’encouragement à l’investissement, les politiques sur le contenu national, les marchés publics, le financement, la préparation industrielle et la compétitivité fiscale des entreprises.

Alors que le gouvernement fédéral prépare son prochain budget, l’ÉFC s’appuiera sur les résultats du sondage sur la compétitivité pour étayer ses recommandations stratégiques et poursuivre son dialogue avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada, le ministère des Finances Canada et les gouvernements provinciaux.
Vous envisagez une expansion de vos activités?
Les membres de l’ÉFC qui envisagent d’investir dans le secteur de la fabrication canadien peuvent utiliser l’outil du gouvernement du Canada intitulé « Outil de recherche d’aide aux entreprises » pour repérer les programmes et les services susceptibles de soutenir leur investissement.
Merci aux membres qui ont partagé leur expérience et leurs points de vue dans le cadre de ce sondage. Les commentaires des membres aident l’ÉFC à militer en faveur de mesures qui favorisent l’investissement, renforcent la capacité de fabrication nationale et tiennent compte des réalités des chaînes d’approvisionnement de l’industrie électrique.
Source : sondage sur la compétitivité 2026 de l’ÉFC Les pourcentages correspondent à l’échantillon de répondant·e·s pour chaque question et leur total peut ne pas atteindre 100 % lorsque plusieurs réponses étaient autorisées.